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 Withered flowers

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Krystalinya Mirnoles



Messages : 51

Monde d'Origine : Autre Monde

Camp : Gardien

Date d'inscription : 19/03/2013

MessageSujet: Withered flowers   Dim 22 Mar - 12:38

« Withered flowers » c'est notre devise familiale depuis le XVIIIe siècle, bien qu’on n’en connaisse pas l’origine. Ce sont les mots décrivant le mieux l'atmosphère lugubre de notre famille.

Il y a une malédiction posée sur notre famille depuis le même siècle. Ashley d'Etherwood a été la première maudite et se sont ses filles Phania de Glithey et Honnay de Slivenwood ainsi que leur sœur benjamine Margaret d'Etherwood qui ont été au cœur de l'histoire.

C'est une légende familiale - et totalement vraie - que toutes les femmes de la famille connaissent. Les hommes n'ont pas besoin de savoir, ils ne comprendraient pas. Une légende regroupant magie, souhaits, deuil et drame familial.

Au XVIIIe siècle donc, notre ancêtre Ashley, cadette de sa famille, a été maudite pour son manque de confiance en soi qui l'avait amené à refuser de payer une sorcière pour un service rendu. Une véritable sorcière, avec les maléfices et la beauté ensorcelante. Elle avait refusé donc et la sorcière avait jeté un sort comme quoi sa fille cadette serait maudite. A toutes les générations, une cadette descendante directe de la première aurait un cruel manque de confiance en soi et une peur trop importante du jugement des autres, au point de faire des vœux insensés.

Ashley n'y avait pas porté grande importance et était devenue trop fière et trop sévère avec ses trois filles. Si l'aînée et la benjamine, sages et insouciantes qu'elles étaient, s'y accommodaient fort bien, ce n'était pas le cas de la cadette qui perdait de plus en plus sa confiance en soi à mesure que leur mère l'accablait de reproches. C'est ainsi qu'après un incident lors du bal de son anniversaire où elle avait reçu d'une singulière vieille femme des chaussons particuliers qu'elle avait tout de suite mis, Honnay avait fait le vœu d'être dans la peau de Phania, belle et tellement appréciée. Le vœu avait été accompli et toute une série de catastrophes avait été commis dans la panique et l'affolement. Il n'y avait que Margaret, toujours réfléchie et pleine de sagesse, qui avait réfléchie plus ou moins calmement et qui avait compris l'implication des chaussons verts sales dans cette histoire. C'est après un autre incident, durant lequel Honnay était devenue invisible, qu'elle sauta dans les chaussons et fit le vœu que tout redevienne comme avant et que tout le monde oublie cette malédiction.

Cependant la malédiction ne pouvait être effacée et Margaret ne s’était pas compté dans son vœu, alors le maléfice se scinda en deux parties : il perdit de sa puissance sur la partie originelle, et fit se graver l'histoire dans l'esprit de la brunette, qui n'avait que quatorze ans à cette époque, alors que tous ceux qui savaient la vérité oubliaient cette sombre histoire. Par la suite la jeune fille ne pût s'empêcher de faire de nombreux lapsus qui lui valurent finalement d'être enfermée dans un hôpital à ses vingt ans.

La délicate brune avait entendu parler des enfants de ses sœurs et surtout du peu de confiance en elle qu'avait la cadette de Honnay. La veille de ses trente-quatre ans, alors que Thysia en avait quatorze, Margaret décida de lui parler de cette sombre histoire dont elle était seule au courant. La jeune fille la crut, c'était comme une évidence maintenant qu'elle savait.

La femme ne savait pas ce qu'elle avait déclenché en révélant la vérité. Le lendemain, les infirmières la trouvèrent allongée sur son lit, sans vie. Une expression paisible sur le visage et les mains serrant deux chaussons d'un vert sombre et laid. Thysia fut la seule à véritablement la pleurer, les deux sœurs furent un peu tristes mais pour toute la famille c'était un embarras en moins. La jeune fille dont le comportement ressemblait étrangement à celui de sa défunte tante décida de faire enterrer les chaussons avec Margaret. La famille n'y trouva rien à redire, trouvant les chaussons bien trop laids pour y accorder de l'attention.

A partir de ce moment l'histoire se répéta encore et encore. Thysia fut interner à ses vingt ans et partagea l'histoire avec la cadette de sa sœur aînée et mourut à ses trente-quatre ans, le lendemain des révélations, et cætera, et cætera. Chacune de ces femmes et jeunes filles étaient prêtes à se sacrifier, non seulement parce qu'elles n'avaient pas le choix mais aussi parce que la sagesse de Margaret les habitait toutes dès qu'elles connaissaient la vérité. Elles devaient payer la dette de leur ancêtre et protéger ainsi leur famille. D'aucun pourrait penser à du fatalisme mais elles ne voyaient pas le verre à moitié vide. Elles le voyaient, toutes autant qu'elles étaient, à moitié plein.

A la quatrième génération de jeunes femmes maudites, une sorcière blanche chercha à réparer les tords de sa collègue trop noire. Elle ne pouvait défaire elle-même ce qui avait été dit mais pouvait aider à la réparation des tords. Elle dota les femmes maudites d'un instinct qui leur dirait "si le moment était venu de révéler la vérité aux femmes de la famille". La femme qui reçut en première cet instinct avait souri, délicatement, presque fragile, l'avait remercié puis avait continué sa vie normalement. Et lorsqu'elle s'était éteinte, elle avait, comme toutes ses jeunes ancêtres avant elle, souhaité bon courage et bonne fortune à ses descendantes et héritières pour leur lourde tâche.

A présent la malédiction est levée. Près de deux cent vingt ans après le lancer de ce maléfice, il était rompu. Ce sont mes tantes et ma grand-tante qui l'ont rompu.

Hope de Tothly, redevenue Etherwood dès sa majorité à sa demande, ma grand-tante avait trente-quatre ans et, selon la légende, devait mourir le lendemain, le 31 Mai. Elle avait demandé la présence de Cassiopeia et Andromeda de Téniante, mes tantes, ses nièces. Lorsqu'elle les a vues elle a senti comme un feu doux réchauffer son cœur et avait éclaté de rire. Puis elle les avait regardé et avait dit avec un sourire rayonnant bien que délicat :
- Avec vous deux mes chères étoiles, la malédiction sera levée.
Elle leur avait tout expliqué après, sans exception, même l'emplacement des chaussons que seule Thysia connaissait mais qui venait de s'imposer à son esprit. Comme par magie.
- Votre plus grande force n’est pas votre sagesse ou votre calme, c'est de pouvoir compter l'une sur l'autre. Ne vous tournez jamais le dos.
Hope leur recommanda d'aller chercher les chaussons et d'en parler à la famille dès son enterrement terminé.
- Parce que je suis la dernière véritable maudite, je mourrais tôt mais je serais la dernière.
Elle avait une dernière requête à faire aux jumelles qui acceptèrent de bon cœur avec un triste sourire. Avec une dérogation spéciale de la part de leur mère, les deux jeunes brunes de quatorze ans emmenèrent Hope acheté des bouquets de lys puis allèrent toutes trois au cimetière. Dans le mausolée familial plus précisément. A la demande de chaque jeune femme mourante, elles avaient été enfouies dans le mausolée des Etherwood, près de leurs ancêtres et prédécesseurs. Sur chaque tombeau, Hope, Cassiopeia et Andromeda pouvait voir le prénom de la malheureuse femme suivit de "Etherwood" car en hommage à leur courageuse Margaret elles avaient repris son nom et n'avait pas voulu reprendre le leur à leur mort.
Sur chaque tombeau, elles déposèrent un Lys et Hope parlait de courage, d'honneur, de sens de la famille, de sacrifice et de sagesse. Son plus long hommage fut pour Margaret et tirèrent des larmes à ses nièces. Elles rentrèrent silencieusement à l'hôpital et se quittèrent tristement après des adieux et des remerciements. Le lendemain, Hope était retrouvée sans vie avec une expression paisible et un sourire délicat sur ses lèvres roses.

La cérémonie d’enterrement terminée et les chaussons récupérés, Cassiopeia et Andromeda réunirent leurs tantes et cousines dans le salon. Chassant les hommes, le temps de leur histoire. Ça avait toujours été une histoire de femmes, ils ne comprendraient pas. A mesure qu’elles avançaient dans l’histoire la couleur des chaussons s’effaçait progressivement. Le dernier mot dit, les chaussons disparurent sous leurs yeux empreints de tristesse. Depuis, chaque 31 Mai toutes les femmes de la famille portent des robes noires, en signe de deuil et en hommage à leurs courageuses ancêtres qui ont donné leurs vies pour la paix de la famille.

A partir de cette année, les cadettes « faibles » étaient des jumelles. Ainsi Lys et moi-même, Azalée, sommes les secondes de la famille dans cette situation, après tante Cassie et tante Andro. Nous avons hérité de l’esprit pragmatique, de la délicatesse, de la sagesse et du calme de Margaret d’Etherwood. Et à dix-sept ans révolus, nous sommes maintenant Azalée et Lys d’Etherwood, les jumelles héritières du secret de famille. Alors oui, « Withered flowers » est une devise qui sied particulièrement bien à notre famille et à toutes ses fleurs coupées en pleine jeunesse. Mais les fleurs vont peut-être repousser plus vigoureuses, bien que toujours délicates, alors peut-être que – dans quelques générations – notre devise changera. Qui sait ?


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